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Guillaume LANDROT

textes de chansons



6851 visites
Dernière connexion le 30 juin 2017

Je suis auteur et je cherche des compositeurs et des interprètes. Je conserve un droit de regard sur les compositions qui me sont proposées.

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Textes
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FLEUR DE CITE (pour femme)

FLEUR DE CITE

 

Mon cœur est comme un terrain vague

A la palissade éventrée,

Comme un paradis de la drague

Où l’on se presse pour entrer.

 

J’ai un avenir sans égal

Aux mots que mes amants susurrent

Cependant que je les régale

En me livrant à la luxure.

 

Je suis comme une fleur éclose

Entre les tours d’une cité

Dont la fièvre nocturne explose

De tant m’avoir sollicitée.

 

Je suis la station balnéaire

Du calvaire des ouvriers,

Une centrale nucléaire

Au cœur du mois de février.

 

Mon cœur est comme un terrain vague

A la palissade éventrée,

Comme un paradis de la drague

Où l’on se presse pour entrer.

 

Il appartient aux quatre vents

De posséder mon joli corps,

Pierre précieuse qu’on revend

Après l’avoir usée encore.

 

Puisqu’en somme j’y suis réduite,

Parfois je pense à mon passé

Et au premier qui m’a séduite

Et que j’ai laissé m’embrasser :

 

C’est d’un beau sourire moqueur

Que lors d’une belle journée

L’homme qui avait pris mon cœur

A ses amis m’a fait tourner.

 

Mon cœur est comme un terrain vague

A la palissade éventrée,

Comme un paradis de la drague

Où l’on se presse pour entrer. 

 Guillaume LANDROT


ROUGE AFRIQUE (pour femme)

ROUGE AFRIQUE
 
Comme une terre sans mérite
Aux yeux rougis de latérite,
Tu pleures des larmes de sang
 
Et tes enfants serrés ensemble
De tes sanglots terribles tremblent
Aussi fort que je les ressens.
 
 
Tes pistes ne sont carrossables
Qu’aux fous amoureux de ton sable
Mais je retournerais poussière
 
Plutôt que tel Judas te vendre
Pour trois deniers et puis me pendre
A l'un de tes arbres de pierre.
 
 
Ô Afrique, ton cœur d’ivoire,
Tes muscles d’or et ta mémoire,
Ton bois d’ébène et tes diamants,
 
En totémiques cicatrices,
M’ont oublié dans la matrice
Les fantasmes de tes amants.
 
 
Je voudrais être la victime
De ta glorieuse mésestime
Et me consumer pour te plaire
 
En chorégraphies impossibles
Devant les sorciers impassibles
Que mes attentes appelèrent.
 
 
Les idiomes vernaculaires
De tes cités tentaculaires
Me perdent dans le labyrinthe
 
De ta folle complexité,
Tandis que je suis excitée
D’en concevoir autant de craintes.
 
 
Ici rien n’est comme en Europe
Et je me vois en lycanthrope,
Ainsi qu’une femme-panthère
 
Cherchant son homme-léopard
Avec la fièvre du départ
Pour une mystérieuse terre.
 
Ô griots de toutes nations !
Chantez mes pérégrinations
Dessus vos argiles arides :
 
De votre case ouvrez la porte
Sans présumer que j’y apporte
L’essence de la cantharide.
 
 
Je quitte pour toujours ton sol,
Afrique, et rien ne m’en console :
Je retourne au pays sinistre
 
Des faits et gestes monotones
Et je m’enfuis vers un automne
Qu’un morne gris dispute au bistre.
 

 Guillaume LANDROT


OPEX (pour femme)

OPEX

 

L’ombre d’un hélicoptère

A emporté mon mari

Le soir où le cooptèrent

Les officiers de Paris.

 

L’effrayant bruit de ses pales

Blanchit mes nuits de terreur

Et je vois comme une opale

S’éteindre par mon erreur.

 

Tu avais su me charmer

Par les allures martiales

Que possèdent les armées

Jouant la marche nuptiale ;

 

Mais j’implore ton pardon

Pour avoir été naguère

Frivole, car les chardons

Seuls savent gagner les guerres.

 

C’est ma faute et c’est mon crime

D’avoir flatté ton orgueil

Pour n’en recevoir en prime

Qu’un drapeau sur un cercueil.

 

Ton corps est le simulacre

D’une vie devenue vide

Dont je prends la pilule âcre

A l’eau de mon teint livide.

 

Ô mon mari, ô mon homme !

Qu’as-tu ressenti la loi

D’être comme un métronome

Guidé par le pas de l’oie ?

 

Tu n’ignorais pas mes larmes

Quand tu me serrais si fort

Avant de prendre les armes

Pour le compte de l’IFOR !

 

Le pont de Mostar n’est rien

Devant un amour qu’enferre

L’horrible pont aérien

Qui nous relie à l’enfer.

 

C’est ma faute et c’est mon crime

D’avoir flatté ton orgueil

Pour n’en recevoir en prime

Qu’un drapeau sur un cercueil.

  

 Guillaume LANDROT


INACCESSIBLE (pour femme)

INACCESSIBLE

 

Je suis chargée de direction

Au sein d’une grande entreprise :

Parfois, j’y fais les corrections

De celui dont je suis éprise.

 

Il n’a jamais les allusions

Que font les autres à mon égard

Et c’est pourquoi j’ai l’illusion

D’une intention dans ses regards.

 

 

J’ai tant d’amour pour ses paroles

Lorsqu’à mon épaule il se penche

Que c’est comme une barcarolle

Qui me prend dans son avalanche.

 

Lui seul sait me laisser sans voix

Quand il est dans mon paysage ;

Il touche à la fin de l’envoi :

C’est Cyrano à beau visage !

 

 

Il est si beau dans son costume

Que je crains d’être terre à terre

Et mon amour sera posthume

Car il n’est pas célibataire.

 

 

A voir comme il est sûr de lui,

Je me sens comme à nouveau vierge,

Tant je rougis devant celui

A qui je brûle tant de cierges.

 

Je voudrais être le repas

Du fauve au fond de sa tanière

Et me déteste de ne pas

Pouvoir agir à ma manière !

 

 

J’épuise mes talents d’experte

Pour mériter son attention,

Même si c’est en pure perte

Que je fais monter la tension ;

 

Et devant son indifférence,

Je suis une armée en déroute

Qui redouble de déférence

Pour celui qui l’a mise en doute.

 

 

Il est si beau dans son costume

Que je crains d’être terre à terre

Et mon amour sera posthume

Car il n’est pas célibataire.

 

 

Un jour cependant j’ai osé

Espérer qu’il me céderait

Devant un verre de rosé,

Pensant que cela m’aiderait :

 

Au café, j’ai ouvert mon cœur,

Mais à la vue de son sourire

Dont je n’étais pas le vainqueur,

J’aurais été prête à mourir.

 

 

Je le vois avec assurance

Partir le soir avec son double

Et je sens une concurrence

Déloyale augmenter mon trouble :

 

Quand je surprends leurs gestes tendres,

Je perds toutes mes références

Mais j’ai accepté de comprendre

Qu’il a une homo-préférence…

 

 

Il est si beau dans son costume

Que je crains d’être terre à terre

Et mon amour sera posthume

Car il n’est pas célibataire.

  

 Guillaume LANDROT


SWINGING LONDON (pour homme)

SWINGING LONDON

 

 

Les flots bleus de l’Orénoque

Se sont taris à Woodstock

Cependant que je m’envole

 

A destination de Wight

Où les douloureux sunlights

Embrasent les herbes folles.

 

 

C’est dans la vieille Angleterre

Qu’un jeune contestataire

A voulu passer le Styx,

 

Tel Orphée avec sa lyre,

Croyant que d’en revenir

Etait possible à Hendrix…

 

 

Nostalgie des mirabelles

Cueillies le jour du grand soir :

Mon Dieu que tu étais belle

Nue dessus la balançoire !

 

 

Nous rêvions tous de l’étreinte

De ton corps donné sans crainte

Et jouions comme des vers,

 

Nus des pieds jusqu’à la tête,

Pour pouvoir te faire fête,

Le jeu des perles de verre.

 

 

Il me reste les noyaux

D’un monde dont les joyaux

Sont la chaleur de ces nuits

 

Qui étaient comme une arène

Au pion choisi par la reine

Pour distraire son ennui.

 

 

Nostalgie des mirabelles

Cueillies le jour du grand soir :

Mon Dieu que tu étais belle

Nue dessus la balançoire !

 

 

L’amertume était profonde

Pour autant que se morfondent

Les cadavres en sursis !

 

Comme des loups sous la Lune

Nous cachions notre infortune

Pour en paraître endurcis.

 

 

Madame Peel est bien morte

Et le Londres qu’on emporte

Vers la Baie des Trépassés

 

N’a jamais été la pomme

D’un Adam de qui en somme

Nous ressassons le passé.

 

 

Nostalgie des mirabelles

Cueillies le jour du grand soir :

Mon Dieu que tu étais belle

Nue dessus la balançoire !

 

 

La mort de Carnaby Street

Au profit de l’Afro-beat

N’avait rien qui préfigure

 

Les funèbres lendemains

De nos tristes vies aux mains

D’oiseaux de mauvais augure.

 

 

Dans la nuit de Kinshasa,

Lorsqu’Ali le terrassa,

Foreman se vit-il damné

 

A être le noir des villes

Dont la mémoire servile

Hypothèque les années ?

 

 

Nostalgie des mirabelles

Cueillies le jour du grand soir :

Mon Dieu que tu étais belle

Nue dessus la balançoire !

 

 

Les prises de super-huit

Resteront toujours sans suite

D’avoir jauni avant l’heure

 

Qu’une renégociation

De l’humaine condition

Dispenserait de nos pleurs.

 

 

Et lorsque, les soirs d’hiver,

La mort inspire mes vers

A en faire des versets,

 

Je me souviens de Lennon

Dont les collégiens ânonnent

La langue de la Mersey.

 

 

Nostalgie des mirabelles

Cueillies le jour du grand soir :

Mon Dieu que tu étais belle

Nue dessus la balançoire ! 

 Guillaume LANDROT


UNE RENCONTRE (pour homme)

UNE RENCONTRE

 

Au long des boulevards

Je traîne ma carcasse

Comme un papier-buvard

Pour tous ceux qui jacassent.

 

Je suis si transparent

Que je fais des écarts

Pour éviter les rangs

Des passants en retard.

 

Solitaire anonyme

Au spectre minuscule

Dont l’âme se ranime

Quand vient le crépuscule :

 

Ténébreux je deviens

Lorsque les rues sont vides ;

Rien d’autre ne convient

A mon masque livide.

 

(Instrumental)

 

Un poète maudit

Un héros méconnu

Par les complots ourdis

De ceux qu’on porte aux nues.

 

Souvent je bois un verre

Aux terrasses de nuit

Qui même en plein hiver

Trompent un peu mon ennui.

 

Parfois une pauvresse

Me jette des regards

Mais c’est je crois l’ivresse

Qui guide ses égards.

 

C’est vers le firmament

Que je vois mon précieux

Je veux n’être l’amant

Que d’un ange des cieux.

 

Princesse aux jolis yeux

Au corps que je devine

Subtil et ingénieux

Lorsqu’au soir je m’avine…

 

Une petite fleur

Perdue sur le bitume

Déposa par erreur

Dessus mon amertume

 

Un trop plein de chaleur

En cherchant son chemin

Pour arriver à l’heure

Et se lever demain.

 

Mais qu’importe demain

Et qu’importe la route

Il n’y a nul chemin

Pour celui qui en doute !

 

Déçue par mes paroles

Elle s’enfuit loin de moi

Vers quelque barcarolle

La mettant en émoi.

 

Princesse aux jolis yeux

Au corps que je devine

Subtil et ingénieux

Lorsqu’au soir je m’avine…

 

J’ai mariné les choses

Jusqu’au point de l’aurore

Lorsque le jour propose

De lui survivre encore.

 

Et plus que d’ordinaire

Une étrange intuition

M’a fait calmer mes nerfs

En vidant la pression.

 

J’ai fini au whisky

Oubliant par avance

La lecture de ce qui

Achèverait ma danse.

 

Je sus dans le journal

En voyant son image

Que c’était son final

Dont elle m’offrait la page.

 

Princesse aux jolis yeux

Au corps que je devine

Subtil et ingénieux

Lorsqu’au soir je m’avine… 

 Guillaume LANDROT


PASSENT LES SAISONS (pour homme)

PASSENT LES SAISONS

 

Le long des rues, je suis en chasse

Chaque instant d’un nouvel espoir

Qui, sitôt entrevu, trépasse

Et te ramène à ma mémoire ;

 

Et lorsque le moment venu,

Je te surprends, sans un remord,

A rire avec un inconnu,

Mon cœur en souffre mille morts.

 

Passent les hommes dans ta chambre,

Passent les hommes sur ton corps,

Depuis janvier jusqu’à décembre,

Passent les jours, je t’aime encore.

 

A laisser voir en plein hiver

Leurs genoux coquins sous la jupe,

Elles n’ont pas l’air si sévère

Qu’est au fond leur marché de dupes :

 

L’amour n’est pas pour aujourd’hui ;

Les femmes aimées un instant

Fuient le crépuscule et la pluie

Vers le foyer réconfortant.

 

Passent les hommes dans ta chambre,

Passent les hommes sur ton corps,

Depuis janvier jusqu’à décembre,

Passent les jours, je t’aime encore.

 

Lorsque le printemps raccourcit

Les robes tandis qu’il rallonge

Les soirs de belles éclaircies

Je sors, le cœur comme une éponge

 

Mais la fleur au bout du fusil

Fane comme s’éteint ma flamme

Sitôt que la cible choisie

Détourne son regard de femme.

 

Passent les hommes dans ta chambre,

Passent les hommes sur ton corps,

Depuis janvier jusqu’à décembre,

Passent les jours, je t’aime encore.

 

Je reste un capitaine sage

Cependant qu’à l’été l’exode

Parfume les corps sur la plage

D’une pointe de sel et d’iode ;

 

Et je bois de loin ma défaite

En un cocktail au bar du port

Quand je les vois se faire fête

Par l’étrange plaisir du sport.

 

Passent les hommes dans ta chambre,

Passent les hommes sur ton corps,

Depuis janvier jusqu’à décembre,

Passent les jours, je t’aime encore.

 

L’automne et ses gris pantalons

M’invite vers la cheminée

A oublier dans mon salon

Mes vœux anciens et calcinés ;

 

Daignez tourbillonner au vent,

Ô feuilles jaunes de mon cœur,

Qui t’imaginez si souvent

Fleurir mon tombeau de tes pleurs !

 

Passent les hommes dans ta chambre,

Passent les hommes sur ton corps,

Depuis janvier jusqu’à décembre,

Passent les jours, je t’aime encore.

 

Le long des rues, je suis en chasse

Chaque instant d’un nouvel espoir

Qui, sitôt entrevu, trépasse

Et te ramène à ma mémoire ;

 

Et lorsque le moment venu,

Je te surprends, sans un remord,

A rire avec un inconnu,

Mon cœur en souffre mille morts.

 Guillaume LANDROT


LA VEILLEE DE BANNOCKBURN (pour homme)

LA VEILLEE DE BANNOCKBURN

(musique : Marche des Soldats de Robert Bruce)

 

Falkirk me hante

Ainsi qu’une blessure

Portée béante

Au cœur qui bat dessous mon armure.

 

Ce que je n’ai

Pas osé à son âge,

Sous les genêts,

Wallace en paie toujours le courage.

 

Ô Saint-André

Que vos larmes viennent

Quand demain vous entendrez

Nos hurlements de haine.

 

Je perdrai tant

D’amis à mon cœur

Que je ne sais si les temps

Me jugeront vainqueur.

 

Moi Robert Bruce,

L’Ecosse dans la peau,

Au bleu de Prusse

Ai choisi de teindre mon drapeau.

 

Et même s’il

Doit se couvrir de sang,

Nous tuerons mille

Anglais quand des nôtres ils tueront cent.

 

Ô Saint-André

Que vos larmes viennent

Quand demain vous entendrez

Nos hurlements de haine.

 

Je perdrai tant

D’amis à mon cœur

Que je ne sais si les temps

Me jugeront vainqueur.

 

L’odieux remords

Est le lot des puissants

Et de la mort

J’entends chaque nuit le vent bruissant.

 

Pourquoi me suis-je

Battu ? La vanité

Est un vertige

Dont je vois poindre l’inanité.

 

Ô Saint-André

Que vos larmes viennent

Quand demain vous entendrez

Nos hurlements de haine.

 

Je perdrai tant

D’amis à mon cœur

Que je ne sais si les temps

Me jugeront vainqueur. 

 Guillaume LANDROT


FACTEUR HUMAIN (mixte)

FACTEUR HUMAIN

 

Le contrôle de gestion

N’a pour lui nul secret

Tant il a l’impression

De l’exercer de près :

 

Le moindre dérapage

Fait l’objet d’un rapport

Que, pour être à la page,

Son président dévore.

 

Il sait que ses idées

Feront mille chômeurs

Et quant aux suicidés,

Si t’y penses, tu meurs…

 

Ses journées de travail

Sont consacrées au diable

Caché dans les détails

Des documents comptables ;

 

Il parcourt la planète

En premier de la classe

Mais au fond trop honnête

Pour y trouver sa place…

 

Derrière son regard froid

Se cache un cœur qui saigne

Et son salaire de roi

Lui est comme une duègne.

 

Et pourtant, sur ce vol,

L’hôtesse était jolie

Mais un poil trop frivole

Et lui fut trop poli :

 

Lui qui ne voyait rien

Que ses bibles et ses comptes,

Il se vit galérien

Comme dans un mauvais conte ;

 

Un pauvre sans-logis

Amoureux d’une princesse

Dont l’idéologie

Les éloigne sans cesse.

 

Et pourtant c’était lui,

Le prince des nuées,

Bien caché dans la nuit

Pour n’être pas hué

 

Par les nombreux fantômes

Qu’il avait contribué

A faire, malgré leurs mômes,

Pour être rétribué.

 

Derrière son regard froid

Se cache un cœur qui saigne

Et son salaire de roi

Lui est comme une duègne.

 

Alors il vit l’hôtesse

En quête d’aventure

Se tourner vers l’altesse

De ses rêves futurs :

 

Un dragueur de comptoir,

Travailleur saisonnier,

Au prix d’un racontar,

Son cœur, avait gagné.

 

Une de plus de perdue !

Conquérir une femme

Est tellement plus ardu

Que d’éteindre la flamme

 

D’une vie vacillante

Que l’on ne connaît pas

Cependant qu’on patiente

Pour son propre trépas.

 

C’est d’une balle dans la tête

Qu’après l’atterrissage

Du 747,

Il se mit à la page…

 

Derrière son regard vide,

C’est sa tête qui saigne,

Celle d’un roi lucide

Qui mit fin à son règne.

  

 Guillaume LANDROT


AU MUSEE DU QUAI BRANLY (mixte)

AU MUSEE DU QUAI BRANLY

 

Je voudrais tant visiter,

Par la grâce d’un périple,

Les terres inusitées

Aux paysages multiples !

 

C’est de mes vœux le doyen,

Pourtant il reste au mouillage,

Car je n’ai pas les moyens

De m’offrir un tel voyage !

 

 

Quand, pour toutes les nations,

J’ai su qu’un musée s’ouvrait,

J’ai eu l’illumination

D’aller voir si c’était vrai.

 

Alors j’ai pris le métro :

Déjà j’étais dans l’ambiance…

J’avoue être un peu rétro :

Là, j’ai craint la défaillance !

 

 

Au musée du quai Branly

On peut admirer des masques :

C’est un peu comme un grand lit

Pour nos cauchemars fantasques ;

 

Les totems sculptés aux formes

Bizarrement érotiques

Sentent plus le chloroforme

Que les parfums exotiques !

 

 

L’Afrique m’inspire le rêve

De sorciers et de griots

Mais il paraît qu’ils font grève

Sur les plages de Rio !

 

Le Brésil, c’est l’Amérique

Accessible au plus grand nombre

Mais ses chamans telluriques

Sont au royaume des ombres !

 

 

L’Asie paraît opportune

A mon éternel sourire,

Même si, pour la fortune,

Les gens sont prêts à mourir !

 

Partons en Polynésie !

Là-bas les décors sont beaux :

A défaut de frénésie,

J’y trouverai mon tombeau !

 

 

Au musée du quai Branly

On peut admirer des masques

Ainsi que dans le grand lit

De nos cauchemars fantasques ;

 

Mais les bois sculptés aux formes

Bizarrement érotiques

Sentent plus le chloroforme

Que les parfums exotiques !

 

 

Parlons enfin de l’Europe

Qui n’est pas au quai Branly :

Je ne suis pas misanthrope

Mais c’est une vraie chienlit !

 

Finalement je préfère

Rester auprès de mes fleurs

A rêver d’un planisphère

Qui corresponde à mon cœur ! 

 Guillaume LANDROT


L'AMOUR DE DIEU (mixte)

L’AMOUR DE DIEU

 

Devant le mausolée,

Il a précédé Pierre,

Quand les femmes affolées

Ont parlé du Mystère.

 

Il y a attendu,

En dépit de prières,

Que le corps étendu

A ses yeux soit offert.

 

Arrivé, Pierre entra

Et vit, en lieu du corps,

Les linges et les draps

Pliés pour tout décor.

 

Lorsqu’entra l’autre apôtre

Il fut pris d’Espérance :

Sa Foi comme la nôtre

Devint brasier immense.

 

Nous sommes tous ensemble

Disciple que Tu aimes

Et nos vies vers Toi tremblent

En maladroits poèmes.

 

Je me suis tant perdu,

Si loin de Toi, mon Dieu,

Et, seul, Tu m’as rendu

Le bon et le radieux.

 

Saint-Jean l’Evangéliste

Aide-moi à renaître :

Débroussaille la piste

De l’ivraie qui m’empêtre.

 

Pour la joie que m’impriment

Tes traits énigmatiques,

El Greco les anime

Plus qu’il ne les explique.

 

Jusqu’aux pieds de la Croix,

Tu as tenu Marie

Des Douleurs près de toi,

Comme un chaste mari.

 

Nous voulons aimer Dieu

Ainsi que tu l’as fait

Nous qui sommes à Ses yeux

L’Amour de Dieu parfait.

 

Nous sommes tous ensemble

Disciple que Tu aimes

Et nos vies vers Toi tremblent

En maladroits poèmes.

 

Je me suis tant perdu,

Si loin de Toi, mon Dieu,

Et, seul, Tu m’as rendu

Le bon et le radieux.

 Guillaume LANDROT


TRISTE NOËL (mixte)

TRISTE NOËL

 

La neige en silence

Envoie quand elle tombe

Les joies de l’enfance

Jusque dans la tombe.

 

Le jardin en deuil

Est inconsolable

Comme le chèvrefeuille

Et le vieil érable.

 

Les enfants si fiers

Buvaient de leurs yeux,

Accrochés au lierre,

La voûte des cieux ;

 

Mais maintenant, ma foi,

Ils sont tout chenus :

C’est leurs pieds qu’ils voient

Quand l’heure est venue.

 

Le sapin rutile

Au soir de Noël :

Pourquoi est-ce utile

D’être aussi cruel ?

 

C’est drôle qu’il clignote

Autant que mon cœur

Mais c’est l’échalote

Qui répand mes pleurs.

 

Ma vie, ô pardon

De t’avoir trahie

Même si, tes chardons,

Je les ai haïs…

 

Mais le désespoir

Est ma seule défense

Et j’en garde une poire

Pour ma soif d’enfance.

 Guillaume LANDROT

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